Des centaines de personnes ont tenté de rejoindre Sebta et Melilla ces derniers jours. Pour Rabat, ce n'est ni un hasard, ni un mouvement spontané : c'est le résultat de fausses informations diffusées sur internet et de réseaux de trafiquants.
Le ministère de l'Intérieur a rendu publiques ses conclusions dimanche, lors d'une déclaration à la presse à Rabat. Selon ses analyses, ces événements s'expliquent par plusieurs facteurs combinés, notamment une utilisation malveillante des réseaux sociaux et les activités de bandes spécialisées dans la traite des êtres humains.
D'après le porte-parole du ministère, Rachid El Khalfi, des messages trompeurs circulaient pour laisser croire qu'il suffisait de se présenter aux points de passage pour entrer facilement en Europe, sans risque juridique. Ces promesses étaient fausses, mais elles ont poussé des milliers de personnes à tenter l'aventure.
Le ministère précise que ces tentatives n'ont pas laissé les autorités sans réaction. Dès le début, une stratégie a été mise en place : surveillance renforcée sur terre et en mer, mobilisation accrue des services de sécurité, et surtout une détection précoce des signaux annonciateurs de mouvements. L'objectif affiché était de protéger les vies humaines tout en maintenant l'ordre public et en sécurisant les frontières, dans le cadre de la loi.
Le bilan humain, lui, est lourd : selon les autorités, on déplore jusqu'à présent un décès accidentel, survenu après une chute dans une zone rocheuse près de Sebta. S'ajoutent à cela dix autres décès par noyade. Ces chiffres, précisent les autorités, proviennent de dispositifs de surveillance mis en place aux points de départ des tentatives de passage.
Sur l'ampleur exacte du phénomène, les autorités restent prudentes. Certains chiffres circulant dans les médias « ne reposent pas sur des données fiables », affirme le ministère, qui renvoie aux statistiques officielles qu'il dit avoir collectées. Pour en savoir plus sur les données précises et les détails de cette déclaration, consultez l'article de Challenge.




