Des élections internes à la profession de journaliste sont jugées mal calibrées. La Fédération marocaine des médias estime qu'elles tombent au mauvais moment et réclame un report.

Le monde de la presse marocaine s'apprête à élire les membres du Conseil national de la presse (CNP), l'instance qui organise et régule la profession. Mais cette élection est programmée à une date qui pose problème : le 15 septembre 2026. Or, huit jours plus tard, le 23 septembre, se tiennent les élections législatives nationales.

La Fédération marocaine des médias (FMM), qui regroupe des entreprises de presse, estime que ce calendrier est trop serré. Selon Challenge, qui rapporte son communiqué, la FMM demande donc de décaler le scrutin du CNP pour « ne pas perturber le déroulement » de l'échéance nationale. En clair : les médias seront très mobilisés par la couverture des législatives, et il semble difficile de mener de front une campagne interne.

Ce n'est pas la seule raison. La Fédération, présidée par Kamal Lahlou, veut aussi des conditions optimales pour ce vote. Elle réclame notamment la révision des listes de journalistes professionnels, pour éviter que des professionnels soient écartés, et la garantie que toute contestation puisse être examinée selon les règles. Selon elle, c'est une condition pour des élections « transparentes et indépendantes ».

Le contexte est particulier. Une Commission provisoire a été mise en place pour gérer les affaires courantes du CNP et organiser ce processus électoral. La FMM accueille cette décision favorablement, mais demande à cette commission de se concerter avec toutes les organisations professionnelles avant d'aller plus loin. L'enjeu, dit-elle, est de préserver l'indépendance de l'auto-organisation de la profession et de garantir des élections « honnêtes ».

Derrière ces détails techniques, se joue une question simple : comment fonctionne la régulation de la presse au Maroc ? Le CNP est l'organe chargé de cette mission. Pour la Fédération, la période qui s'ouvre est cruciale, car elle doit préparer des élections crédibles, dans un climat de réformes visant à renforcer le professionnalisme du secteur. Elle insiste : l'indépendance de la presse doit être considérée comme un pilier de la démocratie et de la pluralité d'expression.