Le Maroc veut accélérer sa transition énergétique et sécuriser son approvisionnement en eau, mais sans compter uniquement sur les deniers publics. Un nouveau plan de l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) mise largement sur le secteur privé pour financer ces travaux.
L'ONEE, établissement public chargé de la production et de la distribution d'électricité et d'eau, a vu son conseil d'administration approuver fin juillet un programme d'investissement pour la période 2026-2030. D'après un communiqué de l'Office, relayé par Barlamane, l'enveloppe globale dépasse les 248 milliards de dirhams. Ce qui frappe, c'est que 72 % de cette somme viendra directement d'entreprises privées, une manière de partager le coût et d'attirer des capitaux sans dépendre uniquement du budget de l'État.
Ces investissements serviront en priorité l'électricité, qui absorbe la plus grande partie des fonds, tandis que l'eau potable reçoit une enveloppe plus modeste mais conséquente. L'objectif affiché est double : d'abord, atteindre une part d'énergies renouvelables dans la capacité électrique installée supérieure à 52 % dès 2028, soit deux ans avant l'échéance nationale fixée à 2030. Ensuite, renforcer la sécurité hydrique du pays, ce que la ministre de l'Économie et des Finances, Nadia Fettah, a lié aux enjeux de "souveraineté hydrique du royaume".
Pour y parvenir, l'ONEE prévoit d'ajouter massivement des capacités de production renouvelable (solaire, éolien, hydraulique), des systèmes de stockage par batteries, ainsi que des centrales au gaz flexibles capables de compenser l'intermittence du vent et du soleil. Ces équipements devraient représenter près de 80 % des nouvelles capacités électriques programmées d'ici 2030. Dans le même temps, l'Office devra étendre son réseau de transport électrique pour acheminer cette énergie jusqu'aux consommateurs.
Le besoin est pressant : la demande d'électricité a augmenté de 7,4 % en 2025 par rapport à l'année précédente, pour atteindre 49 térawattheures. Sans ces investissements, le réseau risquerait de saturer. Le plan prévoit donc des moyens de flexibilité, comme la station de pompage hydroélectrique d'El Menzel, qui permet de stocker l'énergie excédentaire sous forme d'eau pompée vers un bassin haut, puis de la restituer en cas de pic de consommation. Le communiqué de l'ONEE mentionne également un programme de flexibilité au gaz naturel.




