Une équation compliquée : baisser le coût des médicaments sans mettre les pharmacies en péril. Voilà le défi que le gouvernement marocain tente de relever avec une réforme très attendue.

Le ministre de la Santé a présenté les grandes lignes d'un texte qui vise à alléger la facture des patients, selon le média Challenge. L'idée est de redonner du pouvoir d'achat aux Marocains, alors que l'inflation pèse sur les ménages.

Concrètement, la réforme prévoit de revoir les marges bénéficiaires sur l'ensemble de la chaîne de distribution, des grossistes aux pharmaciens. L'objectif : faire baisser les prix affichés dans les officines. Mais cette baisse soulève une inquiétude : risque-t-elle de fragiliser les pharmacies de proximité, qui sont un maillon essentiel du système de santé ?

Un contexte de pénuries récurrentes

Cette réforme intervient dans un contexte déjà tendu. En 2025, environ 1 200 médicaments (soit près de 20 % des références disponibles) ont manqué dans les pharmacies, selon la presse marocaine. En 2019, ce chiffre était bien plus bas, entre 1 et 2 %. Le secteur doit aussi faire face à des contrefaçons et à des circuits parallèles qui compliquent la distribution.

Pour l'instant, le ministère n'a pas donné de calendrier précis ni de détails sur la baisse attendue. Mais la phrase du ministre résume le dilemme : il faut protéger le patient sans étouffer le réseau de distribution. Une chose est sûre : la réforme est très attendue, mais son application risque de provoquer des débats houleux entre les différents acteurs.