Le Maroc veut se préparer à mieux répondre aux marées noires et autres pollutions marines accidentelles. Une nouvelle étude vient d'être lancée pour moderniser le plan national d'urgence en la matière.

Concrètement, il s'agit de revoir en profondeur le Plan d'urgence national (PUN), le dispositif qui organise la réponse du pays en cas de déversement de substances polluantes en mer. Selon Aujourd'hui le Maroc, l'étude lancée par le département du développement durable (qui dépend du ministère de la Transition énergétique et du développement durable) doit corriger les insuffisances repérées dans le système actuel.

Pourquoi c'est important ? Le Maroc possède un long littoral, avec deux façades maritimes : l'Atlantique et la Méditerranée. Ces zones sont à la fois riches en écosystèmes (refuges pour la faune et la flore) et essentielles pour l'économie : pêche, tourisme, industrie, ports et navigation s'y concentrent. Or, le trafic maritime de substances potentiellement polluantes s'intensifie, ce qui augmente le risque d'accident.

Ce que prévoit la révision : l'étude s'articule autour de cinq grands axes : évaluer les risques et les besoins en équipements, élaborer un plan opérationnel, renforcer la gouvernance du PUN, définir une stratégie d'utilisation des dispersants (des produits chimiques utilisés pour disperser les nappes d'hydrocarbures) et actualiser le cadre réglementaire, y compris les mécanismes d'indemnisation et de financement.

Le plan actuel date de plusieurs décennies. Il a été institué par un décret de 1996 et précisé par un arrêté en 2003. Pour tester le dispositif, des exercices de simulation baptisés « Simulex » sont organisés tous les deux ans sur différents sites du littoral. Deux évaluations du PUN ont déjà eu lieu, ce qui a permis d'identifier les points faibles à corriger.

L'objectif affiché est de disposer d'un système national plus efficace, mieux coordonné et conforme aux standards internationaux, capable de protéger durablement le littoral, ses écosystèmes et les activités économiques qui en dépendent.