L'impôt est une réalité historique, socioéconomique et politique complexe qui nécessite une analyse approfondie pour comprendre les difficultés rencontrées dans les réformes. Les progrès techniques importants réalisés dans le domaine fiscal au cours des dernières décennies sont indéniables, mais la réforme fiscale est inséparable de celle de l'État. En effet, l'impôt, en tant que moyen et non pas en tant que fin en soi, pour devenir une contribution citoyenne, nécessite une auto-transformation sociopolitique du sujet en citoyen.
Le système fiscal déclaratif mis en place au cours des années 1980 exige une perception et une pratique nouvelles de l'impôt, en tant que contribution citoyenne. Cette évolution devrait être appréciée à travers la conformité fiscale volontaire et son corollaire, le contrôle fiscal, surtout lorsqu'il s'agit des personnes physiques. Une approche multidisciplinaire de la fiscalité est nécessaire pour comprendre les différentes dimensions de l'impôt.
L'«impôt-contribution» a une longue histoire complexe qui reflète le caractère actuellement composite de la réalité. L'individu-sujet était soumis à une obligation de payer au souverain, qui a succédé aux «suzerains» et concentré les pouvoirs en un seul, devenant ainsi «pouvoir central». L'impôt représentait et représente toujours un «surplus économique» nécessaire au fonctionnement des diverses composantes de l'État.
Au Maroc, l'exemple le mieux connu est la «zakat», impôt ayant un soubassement religieux, mais constituant aussi un exemple historique d'une fiscalité endogène restée quasi-embryonnaire. Le «Tertib», impôt agricole moderne, a été imposé en 1915, trois ans après l'instauration du «Protectorat», et a permis aux forces coloniales alliées au makhzen de recenser et d'inventorier les territoires et les tribus.
La perception de l'impôt «Tertib» par les «assujettis» était principalement négative, car cet impôt était perçu comme une ponction, un prélèvement plus qu'obligatoire, souvent effectué de manière arbitraire. Les espaces et populations soumis à cet impôt étaient ainsi qualifiés «zones ou tribus makhzen».




