La grandeur d'une nation sportive dépend de la maturité de ses supporters autant que du talent de ses joueurs. Au Maroc, le football a fait vibrer tout un peuple pendant quelques semaines, jusqu'à la défaite contre la France en quart de finale. Alors, les héros sont devenus des « nuls », les sélectionneurs des « incapables » et les joueurs des « losers ».

La déception est normale, mais la violence gratuite, les accusations et les insultes sont insupportables. Nous refusons d'assumer notre propre immaturité et passons de l'admiration aveugle au rejet brutal. Une défaite ne peuteffacer des mois ou des années de travail, mais certains préfèrent fermer les yeux.

Le football marocain s'est installé parmi les grandes nations avec des performances remarquées dans les compétitions internationales et des jeunes talents qui brillent dans les plus grands clubs européens. Atteindre les quarts de finale d'une Coupe du monde est une performance que beaucoup de nations rêveraient d'accomplir.

Les réseaux sociaux ont changé notre manière de vivre les émotions, favorisant les réactions instantanées plutôt que la réflexion. Ils récompensent les commentaires excessifs et donnent parfois plus de visibilité à la colère qu'à l'intelligence. Lorsque la frustration prend le contrôle, certains cherchent immédiatement un coupable, mais refusent d'accepter que l'équipe adverse puisse simplement être meilleure.

Accepter la défaite n'est pas renoncer à l'ambition, c'est faire preuve de maturité. Un grand supporter ne soutient pas uniquement quand son équipe gagne, mais lorsqu'elle est en difficulté. Sinon, ce n'est plus du soutien, mais de la consommation.