Une nouvelle étape pour le transport maritime marocain : le royaume est désormais intégré à un vaste dispositif de coopération entre six géants mondiaux du conteneur, reliant la Méditerranée à la côte atlantique américaine.

Concrètement, il s'agit d'un accord de partage de navires. Cela permet à plusieurs compagnies de transporter leurs conteneurs à bord des bateaux des autres, afin de mutualiser les coûts et d'offrir des services plus fréquents ou plus efficaces. Selon un texte révisé consulté auprès de la FMC, l'autorité fédérale américaine qui régule le transport maritime international, le Maroc fait partie des zones couvertes, aux côtés de la France, de l'Italie, de Malte et de l'Espagne, du côté méditerranéen, vers les ports américains de l'Atlantique.

Les six compagnies concernées sont Hapag-Lloyd (Allemagne), Yang Ming (Taïwan), Ocean Network Express (Singapour), Cosco Shipping (Chine), CMA CGM (France) et Orient Overseas Container Line (Hong Kong). Ensemble, elles peuvent affréter des espaces sur leurs navires respectifs et coordonner leurs services, dans le but, selon les termes de l'accord, d'« améliorer l'efficacité, réduire les coûts et offrir un service haut de gamme » aux chargeurs.

Le texte ne nomme toutefois aucun port marocain précis. Il ne permet donc pas, à lui seul, de confirmer l'ouverture d'une escale à Tanger Med, Casablanca ou ailleurs. Il fournit en revanche le cadre général dans lequel ces compagnies pourront décider de leurs escales, de leurs rotations et de leurs calendriers. Autrement dit, le Maroc est officiellement dans le jeu, mais les détails concrets restent à définir.

En termes de flotte, le dispositif initial prévoit six navires d'environ 8 500 EVP chacun (l'EVP, équivalent vingt pieds, est une unité de mesure standard pour les conteneurs). Trois seront fournis par Hapag-Lloyd, deux par CMA CGM et un par OOCL. Mais le nombre peut varier entre trois et douze navires, avec des capacités allant de 6 000 à 13 000 EVP par unité.

Chaque compagnie reste toutefois commercialement indépendante, avec ses propres tarifs et ses propres clients. Cette coopération ne constitue ni une société commune ni une association, précise le texte. Ainsi, l'accord offre un cadre souple, sans engagement trop contraignant, mais qui place le Maroc sur la carte des échanges maritimes transatlantiques.

D'après les informations rapportées par Barlamane, cette inclusion pourrait ouvrir des perspectives économiques pour les ports marocains, même si les décisions concrètes relèvent encore des armateurs.