Près de vingt ans après son introduction dans les salles de classe, la langue amazighe n'est toujours pas enseignée partout au Maroc. Une étude universitaire, rapportée par Médias24, détaille les raisons de ce retard.

Pour comprendre, il faut revenir en arrière. En 2003, la langue amazighe fait son entrée à l'école primaire marocaine. Huit ans plus tard, en 2011, elle est officiellement reconnue dans la Constitution. Pourtant, en 2024, seuls 31% des écoles primaires du pays l'enseignent réellement.

Ce chiffre, c'est le point de départ d'une étude universitaire qui cherche à expliquer pourquoi la généralisation de cette langue traîne. D'après Médias24, qui a consulté cette étude, plusieurs freins ont été identifiés.

Le premier concerne les enseignants. Beaucoup de ceux qui devaient assurer les cours d'amazigh ont été réaffectés à d'autres tâches, souvent par manque de moyens ou de priorité claire. Résultat : les cours prévus n'ont pas toujours eu lieu, faute de personnel dédié.

Le deuxième frein est institutionnel. L'étude pointe des choix faits par les autorités qui, au fil des années, ont privilégié d'autres matières ou d'autres réformes, reléguant l'amazigh au second plan. Concrètement, cela signifie que la langue n'a jamais été considérée comme une priorité absolue dans le système éducatif.

Enfin, il y a la question des infrastructures. Dans beaucoup d'écoles, rien n'avait été prévu pour accueillir cet enseignement : pas de manuels suffisants, pas de formation adéquate pour les enseignants, pas de suivi pédagogique.

Ce que cela change pour les élèves : pendant que dans certaines régions l'amazigh est enseigné dès le primaire, dans d'autres, les enfants n'y ont tout simplement pas accès. C'est une inégalité qui persiste depuis des années.

Pour les parents et les enseignants, cette situation questionne la volonté réelle de généraliser cette langue. L'étude, elle, apporte des éléments concrets pour comprendre pourquoi les objectifs officiels n'ont pas été atteints.

Reste à savoir si ces conclusions seront suivies d'effets concrets. En attendant, le constat est là : l'amazigh, bien que reconnue officiellement, reste une matière optionnelle dans une large partie du pays.