Ce n'est pas un hasard si la Turquie regarde le Maroc avec attention : le royaume est devenu l'un de ses principaux clients en Afrique. Mais le dernier mois disponible montre un coup de frein.

Entre janvier et juillet, les ventes de produits turcs vers le Maroc ont progressé de 11,7 % par rapport à la même période de l'année précédente, pour atteindre 2,43 milliards de dollars. C'est ce qu'indique le Conseil des relations économiques extérieures (DEİK), une organisation turque qui suit le commerce extérieur du pays, dans des données compilées par Barlamane.

Pour comprendre l'importance de ce chiffre, il suffit de le comparer aux autres marchés africains de la Turquie. Sur la même période, le Maroc a acheté plus de marchandises turques que l'Égypte (2,3 milliards de dollars), la Libye (1,59 milliard), l'Algérie (1,09 milliard) ou encore la Tunisie (plus de 720 millions). Seul le Nigeria, avec une hausse de 52,1 % à 453,2 millions, et l'Afrique du Sud, en progression de 31,3 % à 479 millions, affichent des croissances plus rapides, mais avec des volumes bien inférieurs.

Cette dynamique marocaine contraste d'autant plus avec la situation de son voisin algérien. Les exportations turques vers l'Algérie ont en effet diminué de 18,8 % sur sept mois, à 1,09 milliard de dollars. L'écart entre les deux marchés atteint désormais 1,34 milliard de dollars en faveur du Maroc.

Mais le mois de juillet raconte une autre histoire. Les ventes turques au Maroc ont chuté de 24,8 % sur un an, à 277,5 millions de dollars. Ce recul est bien plus marqué que celui observé en Algérie (-5,8 %, à 142,5 millions). Pendant ce temps, d'autres pays africains ont vu leurs achats exploser : le Niger (+80,5 %), l'Égypte (+49,3 %) ou encore la Libye (+22,4 %).

Cette baisse soudaine mérite d'être surveillée. Elle peut refléter des variations conjoncturelles dans les commandes, ou un changement de dynamique commerciale. Les sept premiers mois dans leur ensemble restent néanmoins très positifs pour les échanges entre la Turquie et le Maroc.