Les preuves scientifiques produites par la police marocaine répondent désormais à des standards internationaux stricts. Une reconnaissance qui pourrait changer la manière dont les analyses criminelles sont perçues, au Maroc comme à l'étranger.

Le laboratoire national de police scientifique et technique de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), basé à Casablanca, a reçu jeudi 6 août une accréditation internationale ISO/CEI 17025 pour l'ensemble de ses disciplines d'expertise criminelle. En clair : un organisme américain indépendant, le Conseil national américain d'accréditation (ANAB), a audité le laboratoire et confirmé que ses méthodes et procédures respectent les normes internationales en vigueur pour les laboratoires d'essais. La DGSN parle d'une « étape historique » pour la criminalistique marocaine, selon Barlamane.

Concrètement, cette certification couvre un large éventail de domaines : la biologie et la chimie criminalistiques, l'examen des documents, l'analyse des traces d'incendies et d'explosions, l'exploitation des traces numériques, les expertises liées aux stupéfiants et l'identification des substances toxiques. C'est toute la chaîne d'analyse qui est concernée, depuis la réception des éléments soumis à expertise jusqu'à la rédaction des rapports scientifiques. Les experts ont aussi vérifié l'organisation interne du laboratoire : infrastructures, gestion des ressources humaines, protection des données personnelles, confidentialité des résultats, sécurité des systèmes d'information.

Pourquoi c'est important ? Parce que cette accréditation garantit que les résultats produits par le laboratoire sont fiables, traçables et reproductibles. Autrement dit, les analyses faites au Maroc respectent les mêmes exigences de qualité que celles effectuées dans les grands laboratoires internationaux. Cela renforce la crédibilité des preuves matérielles utilisées dans les procédures pénales — un enjeu majeur dans un système judiciaire où la preuve scientifique joue un rôle de plus en plus central.

Cette reconnaissance intervient après une refonte générale du dispositif de police scientifique engagée en 2016 par la DGSN. Objectif : moderniser les méthodes d'enquête face à des formes de criminalité plus complexes, notamment celles liées aux technologies numériques. Le laboratoire de Casablanca a ainsi été doté d'infrastructures intégrées, d'équipements conformes aux normes internationales et de spécialistes formés. D'après Barlamane, qui a rapporté l'information, cette certification place le laboratoire marocain « au rang des références internationales de la criminalistique ».