L'Espagne a été surprise par l'afflux de demandes de régularisation de migrants, avec un total qui a plus que doublé les prévisions initiales.
Entre avril et juin, le gouvernement espagnol a ouvert une procédure exceptionnelle pour permettre à des personnes vivant sans papiers sur son sol d'obtenir un titre de séjour. Le résultat a dépassé toutes les attentes : près d'1,2 million de dossiers ont été déposés, alors que Madrid n'en attendait que 500 000.
Selon Barlamane, qui a rapporté les chiffres du ministère espagnol de l'inclusion, de la sécurité sociale et des migrations, les Algériens ont été particulièrement nombreux à saisir cette chance : 39 949 d'entre eux ont déposé une demande. C'est plus du double de ce que les autorités espagnoles avaient estimé avant l'ouverture des guichets.
Ce chiffre place l'Algérie au septième rang des nationalités représentées. Loin derrière la Colombie, qui représente un quart des dossiers, et le Maroc avec plus de 156 000 demandes, mais devant le Sénégal avec environ 34 000 demandes.
Cette opération a été lancée après un accord politique passé en janvier, et le décret royal qui l'a formalisée a été adopté en avril. Les candidats devaient avoir vécu en Espagne avant le 1er janvier, y résider de manière continue depuis au moins cinq mois, et ne pas avoir de condamnation pénale. Il fallait aussi justifier d'un emploi, de liens familiaux ou d'une situation de vulnérabilité.
Si la demande est acceptée, la personne peut d'abord résider et travailler temporairement. Puis, si la réponse est définitive, l'autorisation est valable un an, avant de passer par les procédures ordinaires du droit espagnol. Sur les plus d'un million de dossiers, environ 610 000 ont été admis à l'instruction, et près de 11 000 ont déjà reçu une réponse favorable définitive.
Au-delà des chiffres, cet afflux de demandes algériennes montre que la présence réelle de ressortissants algériens en Espagne est bien plus importante que ce que les comptages administratifs laissaient paraître. Pour comprendre l'ampleur de ce phénomène, il faut savoir que les statistiques officielles ne recensaient qu'environ 67 000 Algériens avec un titre de séjour valide fin mars. L'écart entre ce recensement et les demandes de régularisation en dit long sur la réalité du terrain.
Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les détails de ce dispositif et les chiffres précis par nationalité, la lecture de l'article original de Barlamane est recommandée.




