Ce qui devait être une fête du football mondial se transforme en champ de bataille politique. Des partis espagnols utilisent un drame survenu à la frontière de Ceuta pour faire pression sur le Maroc, jusqu'à menacer de retirer l'Espagne de l'organisation de la Coupe du monde 2030.

Le Mondial 2030 doit être organisé conjointement par l'Espagne, le Maroc et le Portugal. Mais avant même le premier match, la question de savoir où se jouera la finale empoisonne déjà l'ambiance.

Selon Barlamane, qui rapporte les informations de la Radio-télévision espagnole (RTVE), le Parti populaire (PP, droite conservatrice) a posé un ultimatum vendredi 7 août : soit la finale se joue en Espagne, soit le pays se retire de l'organisation commune.

La vice-secrétaire du PP, Alma Ezcurra, a écrit à la ministre des sports Milagros Tolón pour dire qu'« une Coupe du monde dont la finale ne se dispute pas en Espagne ne devrait pas être organisée par l'Espagne ». En clair, le parti conservateur fait de l'obtention de la finale une condition pour rester dans le projet.

Le parti d'extrême droite Vox va encore plus loin. Dans un texte parlementaire rendu public vendredi, il demande au gouvernement espagnol d'exiger l'exclusion du Maroc auprès de la FIFA, l'instance qui gère le football mondial. Vox refuse toute finale hors d'Espagne et veut que les événements de Ceuta soient utilisés dans chaque décision liée au tournoi. Le parti présente l'idée d'une finale au Maroc comme une « humiliation délibérée ».

Deux autres formations de gauche, Sumar et Podemos, ont aussi ouvert des fronts parlementaires, demandant soit une réévaluation du modèle d'organisation commune, soit l'éviction pure et simple du Maroc.

Ce que montre cette séquence, c'est que la tragédie humaine à la frontière de Ceuta — avec des morts, des mineurs et le chaos frontalier — est utilisée comme un levier politique pour obtenir un avantage sportif. La candidature commune, voulue comme un symbole de coopération entre les trois pays, se retrouve prise en otage dans un bras de fer qui dépasse largement le terrain de football.

La FIFA doit désormais se positionner, avec des menaces de retrait espagnol qui planent sur la stabilité du tournoi. Le Maroc, qui attend toujours une réaction claire, voit sa coorganisation remise en question par une partie de la classe politique espagnole.

Source : Barlamane