Les femmes marocaines gagnent moins, travaillent moins et partent à la retraite avec moins. Mais le vrai coût ne se voit pas sur une fiche de paie : il s'étale sur une vie entière.

D'après une analyse publiée par Challenge, une femme au Maroc perçoit bien moins qu'un homme de profil comparable — salaire, retraite, héritage : l'écart est présent à chaque étape. Mais ce qui frappe, c'est l'ampleur des pertes cumulées sur le long terme.

Sur le marché du travail, le taux d'activité des femmes est très inférieur à celui des hommes. Ce n'est pas un problème d'éducation : les jeunes femmes sont aujourd'hui plus nombreuses que les hommes dans l'enseignement supérieur. La source cite des contraintes comme la pression sociale, le manque de services de garde ou les difficultés de transport. Dans le privé, l'écart salarial est important, même à niveau d'éducation égal. Selon l'article, cela représente, sur une carrière de plusieurs décennies, une perte d'environ un tiers des revenus par rapport à un homme.

Conséquence directe : une femme perdrait en moyenne une décennie entière de carrière à cause de ces obstacles. C'est une décennie sans salaire, sans cotisations, sans progression. Pendant ce temps, son collègue masculin continue d'accumuler.

Cette situation n'est pas juste une question d'égalité. La source rapporte qu'une institution internationale a estimé que si le taux d'activité des femmes rejoignait celui des hommes, le PIB marocain pourrait bondir d'environ un cinquième d'ici une dizaine d'années. Autrement dit, laisser les femmes de côté a aussi un coût pour l'économie tout entière.