Les poissons migrateurs quittent les côtes mauritaniennes pour remonter vers le nord, et la flotte espagnole en paie le prix fort.
Selon Barlamane, qui a consulté un projet d'arrêté du ministère espagnol de l'agriculture et de la pêche, les captures de grande castagnole (un poisson océanique migrateur) ont chuté de plus de 90 % au large de la Mauritanie. En six ans, les prises sont passées de 2 928 tonnes à seulement 80 tonnes.
Pourquoi cette chute ? Le texte espagnol explique que « toutes les études scientifiques » confirment une migration de ces poissons vers les eaux sous juridiction marocaine. Or, l'Union européenne n'a pas d'accord de pêche avec le Maroc qui permettrait à ses bateaux de suivre la ressource. Résultat : les pêcheurs espagnols ne peuvent pas aller pêcher là où les poissons se trouvent désormais.
Le rendement de la pêche s'est effondré de 3 650 kilogrammes par jour en 2017 à 308 kilogrammes en 2025 — une baisse de 92 %. Pour les armateurs touchés, Madrid prépare une enveloppe de 80 000 euros d'aides compensatoires, qui pourra couvrir jusqu'à 100 % des pertes de revenus.
Un rapport de l'Institut espagnol d'océanographie (IEO) daté d'avril 2026 attribue cette raréfaction à la contraction de la biomasse reproductrice, aux changements de répartition liés aux conditions océanographiques et à la hausse de la température de surface de la mer entre le Sénégal et la Mauritanie. La grande castagnole évolue généralement entre 100 et 1 000 mètres de profondeur et sa présence dépend de la thermocline atlantique — une couche où la température de l'eau change brusquement.




