Alors que la FIFA devait élire son président en mars prochain au Maroc, une affaire interne a failli coûter son poste à Gianni Infantino. Le dirigeant tente de reprendre la main depuis Salé, où il a convoqué une réunion de crise.

Que se passe-t-il ? La Fédération internationale de football (FIFA) a annulé un projet qui devait rapporter 4,2 milliards de dollars. Ce projet consistait à vendre une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés. L'annonce a provoqué une onde de choc en interne, et le président de la FIFA, Gianni Infantino, se retrouve affaibli à quelques mois de l'élection qui doit le reconduire à son poste.

Selon Barlamane, qui s'appuie sur Reuters, une réunion de crise a été convoquée mercredi à Salé, dans le bureau africain de la FIFA, situé sur la rive du Bouregreg, en face de Rabat. Gianni Infantino, présent au Maroc depuis une semaine, cherche à conserver les appuis nécessaires à sa réélection pour un quatrième mandat. Il peut compter sur le soutien de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), qui lui a publiquement renouvelé sa confiance.

Le projet abandonné prévoyait la création d'une structure chargée de commercialiser les droits de la Coupe du monde, dont 20 % devaient être cédés à des investisseurs privés. Parmi eux figurait une société liée à la famille du président américain Donald Trump, selon Reuters. Ce montage a suscité une vive opposition, notamment de la part de l'Union des associations européennes de football (UEFA). L'instance européenne a accusé Gianni Infantino de vouloir vendre « l'âme du football » et a déclaré ne plus avoir confiance en sa direction. Plusieurs fédérations européennes ont également retiré leur soutien.

La contestation a même gagné l'intérieur de la FIFA. Le secrétaire général Mattias Grafström, dans une note interne, a évoqué une « triste et répréhensible série d'événements » ayant conduit à l'abandon du projet. Sans citer directement le président, il a affirmé que « les individus, les périodes d'instabilité et les épisodes malheureux passent ». Plus tôt, le directeur général des opérations Kevin Lamour avait déclaré que les employés avaient été « trompés » par ce projet qualifié de « projet d'une seule personne ». Le conseiller principal Carlos Cordeiro a démissionné pour protester, tandis qu'Arsène Wenger, directeur du football mondial, a pris la parole pour défendre la stabilité de l'institution.

Cette crise intervient à un moment symbolique : le prochain congrès électif de la FIFA doit se tenir au Maroc dans sept mois. Tout l'enjeu pour Gianni Infantino sera de contenir la fronde et de préserver ses soutiens pour obtenir un nouveau mandat.