Depuis dix jours, la ville espagnole de Ceuta, située sur la côte marocaine, subit un afflux migratoire. Le gouvernement espagnol a tenu à remercier le Maroc pour sa coopération, tout en refusant de déclarer l'état d'urgence demandé par les autorités locales.
Ceuta, petite enclave espagnole au Maroc, est confrontée depuis le 20 juillet environ à des tentatives d'entrée de nombreuses personnes. Face à cette situation, le gouvernement de Pedro Sánchez a publié jeudi un communiqué pour faire le point. Il y affirme que le Maroc collabore activement pour stopper ces arrivées, notamment grâce à l'intervention de ses forces de sécurité.
Cette coopération est jugée "loyale et permanente" par Madrid, qui insiste sur le travail conjoint des ministères espagnols (intérieur, migrations, etc.) pour gérer la crise. Le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a d'ailleurs prévu de se rendre à Ceuta vendredi pour évaluer la situation.
Le gouvernement espagnol assure déployer davantage de ressources et d'effectifs pour garantir à la fois le contrôle migratoire et l'assistance humanitaire, en soulignant l'objectif de ne mettre aucune vie en danger en mer. Selon Barlamane, qui a rapporté ces informations, le texte précise que la priorité est d'éviter tout drame humain.
En revanche, l'exécutif espagnol a opposé une fin de non-recevoir à la demande de la ville de Ceuta de déclarer l'"urgence d'intérêt national". Cette procédure, prévue pour les catastrophes naturelles ou sanitaires, ne s'applique pas aux flux migratoires selon Madrid. Les autorités locales, elles, s'appuient sur la législation de sécurité nationale pour justifier leur demande. Ce refus signifie que la gestion reste centralisée au niveau national, sans mobilisation de moyens supplémentaires exceptionnels.
En clair, cette crise migratoire met en lumière la coopération sécuritaire entre le Maroc et l'Espagne, mais aussi les tensions sur la gestion des frontières de Ceuta, un sujet sensible entre les deux pays.




