La situation des centaines de jeunes migrants bloqués à Ceuta, l'enclave espagnole au Maroc, prend un tournant concret. L'Espagne annonce vouloir les réunir avec leurs familles, côté marocain.

Derrière les déclarations officielles, il y a une réalité humaine précise : des enfants et adolescents arrivés seuls, sans adultes pour s'occuper d'eux, et qui se retrouvent dans une impasse administrative depuis des semaines. La nouveauté, c'est que Madrid ne parle plus seulement de les héberger en attendant — mais de les rendre à leurs proches.

Selon Barlamane, le ministre espagnol de la présidence, Félix Bolaños, a annoncé que son gouvernement coopère avec Rabat pour que ces jeunes puissent retrouver leur famille au Maroc. Parmi eux, 1 527 ont déjà été identifiés par les autorités espagnoles.

Le principe posé est clair : tout retour doit passer par la recherche des familles. Ce n'est pas juste une formalité — c'est un changement d'approche, qui place l'intérêt de l'enfant au centre, et non plus seulement la gestion migratoire.

Concrètement, pendant que ces démarches avancent, les mineurs restent pris en charge à Ceuta, dans des conditions que Madrid veut présenter comme respectueuses des droits humains. Les autorités locales sont associées à cette prise en charge.

En parallèle, la ligne est beaucoup plus ferme pour les adultes : le ministre des affaires étrangères, José Manuel Albares, a prévenu que toute entrée irrégulière dans les enclaves de Ceuta ou Melilla mènerait à un renvoi vers le pays d'origine. Une distinction nette entre le sort des jeunes et celui des adultes, qui dessine une stratégie globale côté espagnol.