Fin juillet, des milliers de personnes sont entrées à Ceuta, enclave espagnole au nord du Maroc. Madrid, qui qualifie l'événement d'exceptionnel, mise sur sa coopération avec le Maroc pour éviter que cela ne se reproduise.
Le 31 juillet, environ 72 000 personnes ont franchi la frontière de Ceuta de manière irrégulière, selon les autorités espagnoles. Un chiffre jugé « totalement imprévisible » par le gouvernement espagnol, qui affirme que les services de renseignement n'avaient pas vu venir cette vague d'une telle ampleur.
Dans un entretien à la télévision espagnole, Carlos Cuerpo, premier vice-président du gouvernement et ministre de l'économie, a défendu le travail du Centre national de renseignement (CNI), tout en soulignant la difficulté de prévoir un tel afflux. Il a décrit l'épisode comme une « exception » par rapport aux résultats habituels des patrouilles conjointes hispano-marocaines.
Cuerpo a également insisté sur le rôle clé de la coopération avec le Maroc. Selon lui, la zone de Ceuta est particulière : c'est la principale frontière terrestre extérieure de l'Europe, et l'écart de revenus entre les deux rives y est le plus élevé, ce qui crée une pression migratoire constante. Sans une coordination étroite entre les deux pays, la situation serait difficile à contrôler.
Sur les 72 000 personnes entrées, environ 70 000 ont déjà été reconduites à la frontière, a précisé le ministre. Un bilan qu'il présente comme une réponse aux appels lancés sur les réseaux sociaux invitant à franchir la frontière.
Le gouvernement espagnol refuse donc de considérer cet épisode comme un échec durable du dispositif bilatéral avec le Maroc, et maintient que la coopération actuelle « donne de bons résultats » pour limiter les entrées irrégulières, comme le rapporte Barlamane.




