L'enclave espagnole de Ceuta, située sur la côte marocaine, est submergée : des centaines d'adolescents arrivés seuls y sont bloqués, sans lit pour les accueillir.
Le gouvernement local a officiellement demandé, mercredi, le transfert de ces jeunes vers l'Espagne continentale. Concrètement, ces mineurs non accompagnés — c'est-à-dire des jeunes de moins de 18 ans arrivés sans parents — sont actuellement dans des entrepôts aménagés à la hâte ou dans les rues, faute de places dans les structures d'accueil de la ville.
D'après Barlamane, qui cite les autorités locales et l'agence Reuters, environ 1 100 jeunes se trouvent toujours dans l'enclave. Ils y sont entrés avant ou pendant l'arrivée massive de 72 000 migrants en une semaine, venus du Maroc. La plupart de ces migrants sont repartis vers le Maroc, mais les mineurs, eux, sont protégés contre toute expulsion rapide.
Le président du gouvernement de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a décrit une situation « absolument insoutenable » et a lancé un appel au secours. Madrid a déjà débloqué une enveloppe de 25 millions d'euros pour prendre en charge ces jeunes, mais cela ne règle pas le problème de logement immédiat.
Une loi espagnole récente, entrée en vigueur en 2025, impose pourtant le transfert des mineurs vers d'autres régions dans un délai de quinze jours après la finalisation de leur dossier administratif. Mais chaque dossier prend du temps : il faut des entretiens individuels, des rapports, et vérifier si un retour dans la famille d'origine est possible.
Selon les chiffres cités, 719 mineurs ont déjà quitté les Canaries vers le continent, et plus de 400 jeunes arrivés à Ceuta ont été répartis ailleurs. Le délégué du gouvernement espagnol sur place défend une « solidarité entre territoires » pour que ces enfants soient mieux pris en charge, tout en rappelant que « la loi doit être respectée ».
Ce dossier sensible relance aussi les tensions politiques en Espagne, notamment entre le Parti populaire et le parti Vox, qui divergent sur la gestion migratoire.




