Avant que le gouvernement ne tranche sur le budget 2027, la principale centrale syndicale veut mettre son grain de sel. Elle demande à être consultée en amont, et non pas seulement informée après coup.
Le 10 août, la Confédération démocratique du travail (CDT) a écrit au chef du gouvernement pour réclamer une nouvelle session de dialogue social « dans les plus brefs délais ». L'objectif : peser sur les choix du prochain projet de loi de finances, celui de 2027, avant qu'il ne soit arrêté.
La centrale syndicale décrit un climat social difficile : chômage élevé, emploi précaire et informel qui s'étend, pouvoir d'achat en baisse, endettement des ménages qui grimpe, et écarts sociaux et territoriaux qui se creusent. Selon la CDT, la croissance économique ne se traduit pas concrètement dans la vie des citoyens, que ce soit en termes de salaires, de pensions ou de création d'emplois stables.
Le syndicat insiste sur un point : le dialogue social ne doit pas être un simple « traitement des conséquences » des décisions budgétaires une fois qu'elles sont prises, mais un cadre de discussion des orientations économiques et sociales en amont. Il s'appuie sur la charte d'institutionnalisation du dialogue social signée en avril 2022. Déjà, lors de la session d'avril 2025, la CDT avait critiqué le rythme des rencontres et demandé deux rounds par an, dont un en avril.
Concrètement, la CDT met en avant plusieurs revendications : une augmentation générale des salaires et des pensions, une baisse de l'impôt sur le revenu pour alléger la pression fiscale sur les travailleurs, et des mesures pour protéger le pouvoir d'achat (maîtrise des prix, lutte contre les monopoles et la spéculation, contrôle des circuits de distribution et des marges). Le coût des produits de base, y compris les carburants, doit être contenu.
Ces demandes ne sortent pas de nulle part. La CDT avait déjà mobilisé dans la rue au printemps, avec des marches régionales le 17 mai et une marche nationale à Casablanca le 28 juin, autour de l'augmentation générale des salaires. Selon Barlamane, qui rapporte l'information, la centrale place également en ligne de mire les grandes fortunes et les activités de rente, sans plus de précision pour l'instant.




