Sur Facebook, un internaute accuse des gardiens de la prison de Khouribga d'avoir maltraité un détenu. L'administration pénitentiaire vient de répondre : elle dément formellement ces faits.

Selon Barlamane, qui a rapporté l'information, tout commence par un message publié sur le réseau social. On y affirme qu'un prisonnier, transféré le 27 juillet de la prison d'Aïn Sebaâ 1 à Casablanca vers celle de Khouribga (une ville du centre du Maroc), aurait subi des abus, des coups et des insultes. Le but aurait été de le forcer à avouer des faits qu'il n'aurait pas commis, selon cette accusation. On parlait aussi d'une menace de placement en cellule disciplinaire.

Face à ces allégations, la direction de la prison locale a publié un communiqué, diffusé par la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) — l'organisme qui gère toutes les prisons du Maroc et qui dépend directement du chef du gouvernement.

Dans ce texte, l'administration raconte sa version des faits. À son arrivée, le détenu a été placé dans une chambre collective. Très vite, le personnel aurait remarqué des comportements "singuliers" : des allers-retours fréquents aux toilettes et des tentatives de vomissement. Le lendemain, le chef de quartier l'a emmené au service de la sécurité et de la discipline. La direction assure que tout s'est fait "dans le plein respect des règles et des lois en vigueur", sans aucune violence ni insulte. Le prisonnier a été entendu, puis rappelé à l'ordre sur la nécessité de respecter le règlement intérieur. Aucune sanction disciplinaire n'a été prise contre lui, précise le communiqué.

La direction de la prison va plus loin : elle qualifie la publication sur Facebook de "tentative préventive". Selon elle, des personnes se cachant derrière le travail journalistique chercheraient à faire pression sur l'administration pour éviter que le détenu ne soit sanctionné à l'avenir. L'administration affirme appliquer la loi de manière stricte à tous les prisonniers, sans exception.

L'affaire reste pour l'instant au stade des déclarations contradictoires : d'un côté, une accusation anonyme sur les réseaux sociaux ; de l'autre, le démenti officiel de l'administration pénitentiaire.