Un journal marocain affirme que les appels à manifester vers Ceuta, attribués à un groupe mystérieux, seraient en réalité l'œuvre des services de renseignement militaire algériens. Sauf que l'article en question ne fournit aucune preuve, et les faits restent flous.

Que se passe-t-il ? Selon le quotidien marocain Al Ahdath Al Maghribia, des appels à manifester vers Ceuta, lancés sous la signature «Génération Z 212», auraient été commandités par les services de renseignement militaire algériens. C'est ce qu'affirme un éditorial de une publié lundi 10 août, et rapporté par Barlamane.

Pourquoi c'est important ? Cette accusation, si elle était fondée, représenterait une escalade majeure dans les tensions entre le Maroc et l'Algérie. Mais le journal ne fournit aucun élément concret pour étayer ses dires : pas de pièce justificative, pas de citation d'une autorité marocaine, pas de communiqué officiel, ni de réaction algérienne.

Concrètement, le texte évoque un « complot algérien aux rouages complets », établi « par les faits, les preuves et les indices avérés ». Il affirme qu'une décision aurait été prise « au plus haut niveau » des services algériens pour faire coïncider le déclenchement avec la fête du Trône, décrite comme « la date la plus haute et la plus chère aux Marocains ». Un « feu vert » serait également venu du palais d'El Mouradia, siège de la présidence algérienne, pour l'allocation de « toutes les ressources financières, technologiques et humaines » nécessaires.

Le journal va plus loin en accusant des comptes sur les réseaux sociaux, des « mouches électroniques » qui auraient usurpé la nationalité marocaine, ainsi que des centaines de groupes Telegram et WhatsApp, d'avoir organisé le convoyage de jeunes gens vers le nord du royaume. Il met aussi en cause des animateurs de podcasts, accusés de pousser des innocents vers une « aventure aux conséquences incalculées » par course au « buzz ».

Cependant, l'article original ne précise ni la date, ni le lieu, ni le bilan des faits auxquels il se réfère. Ni la réalité des rassemblements évoqués, ni leur ampleur, ni l'origine attribuée aux mots d'ordre n'ont pu être vérifiées de source indépendante. Le quotidien crédite néanmoins la sécurité marocaine d'avoir fait échouer ce projet, selon Barlamane.

En résumé : une accusation publique sérieuse, mais sans preuve tangible. Le lecteur doit donc la prendre avec prudence, d'autant que le contexte géopolitique entre les deux voisins reste tendu.