Fin juillet, des milliers de personnes sont entrées dans l'enclave espagnole de Ceuta, provoquant une crise migratoire. Mais sur les réseaux sociaux, cette actualité a vite été noyée sous des images détournées, des vidéos truquées et des théories sans fondement, alimentant des discours racistes.
Ce qui s'est passé : selon le ministère espagnol de l'intérieur, environ 72 000 personnes sont entrées irrégulièrement à Ceuta à partir du 30 juillet. Très vite, une vague de désinformation a déferlé en ligne, mélangeant racisme et complotisme. D'après Barlamane, des images tournées en Turquie, en France ou en Colombie ont été présentées comme espagnoles, une pièce comique a été donnée comme témoignage réel, et un faux compte du Mossad a revendiqué la crise.
Des théories sans preuve ont aussi attribué la ruée aux satellites marocains, accusés d'espionnage. Ces récits ont été vérifiés par deux organismes de fact-checking : Maldita (27 dossiers documentés) et l'Agence France-Presse (AFP). Mais ils ont surtout servi des discours racistes de l'extrême droite, portés notamment par des responsables du parti Vox, selon les éléments recensés.
Côté bilan humain, il était encore provisoire au 6 août. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a parlé d'« environ cent » morts, rapporte Reuters. Plus de 70 000 arrivants avaient déjà quitté la ville, principalement remis aux autorités marocaines. Mais environ 1 100 mineurs non accompagnés y restaient, car la loi interdit leur renvoi sommaire, et les centres d'accueil étaient saturés.
À noter : les données disponibles ne décrivent pas des chiffres définitifs, mais des situations à des dates différentes. Et il n'existe aucun relevé public établissant une vague générale d'agressions physiques racistes à Ceuta. La déferlante documentée est avant tout politique, verbale et informationnelle : une bataille de récits où le racisme s'est appuyé sur des fabrications massives.



